En Français — 17 Dezembro 2009

Le chorégraphe Paulo Ribeiro n’était pas présent dans la salle du Palais des Festivals pour savourer le succès de la soirée dédiée à la danse « portugaise » présentée lors du dernier Festival de Danse de Cannes.
En revanche, le groupe de musiciens portugais Danças Ocultas (Danses Cachées) qui a ouvert la première partie du programme, accompagnant les danseurs, a pu elle être témoin des applaudissements chaleureux et du plaisir démontré par le public cannois.
Sur l’invitation de Didier Deschamps, Directeur du Ballet de Lorraine, l’ancien directeur du Ballet Gulbenkian Paulo Ribeiro a travaillé avec la compagnie française pour remettre en scène deux chorégraphies créées avant la dissolution de la troupe de Lisbonne : “White Feeling”, de 2004, et “Organic Beat” de 2005. Ayant toutes deux des caractéristiques très différentes, la première met en scène 12 hommes et la deuxième 32 danseurs dont la moitié constituée d’hommes et l’autre de femmes.
En commençant par la délicieuse musique de « White » (titre original en anglais) on a pu voir une ligne de quatre musiciens vêtus de noir dont les doigts opéraient avec magie, faisant jouer et souffler ces ingénieux accordéons sur scène. Les danseurs aussi vêtus de noir, mais de torse nu, purent courir et sauter, comme des enfants, mais aussi s’engager dans des luttes d’hommes viriles et dynamiques.
Il y a toujours chez Ribeiro, une sorte de paysage humoristique, dans lequel les danseurs ont une place de liberté. Cette joie d’improvisation a permis à plusieurs artistes de s’exprimer, dont un russe qui a montré une exceptionnelle puissance physique dans le « style » de la danse de son pays, et put ainsi déployer ses talents de danseurs classiques … avec des pieds nus. Entre jeux et défis, le niveau d’énergie était toujours contrôlé et arrondi par une musique dansante et joyeuse.
La deuxième danse utilise plusieurs compositions de John Cage. Au contraire de la version chorégraphique originale de cette pièce, la musique n’était pas vivante. Ce fut fort dommage, car Ribeiro s’était appuyé sur la riche sonorité musicale dont l’effet s’amplifiait par l’énorme groupe de danseurs dont l’apparente nudité offrait au spectateur un travail précis du détail et de discipline. Dans cette pièce, les interprètes placés par couple et par petits et grands ensembles, avec en fond de scène des projections de danseurs sur cyclorama, habitèrent l’espace avec une belle architecture scénique. De cette grande masse humaine surgit une géométrie qui s’organisa aussi par grandes lignes et des diagonales.

Comme le vocabulaire utilisé n’était pas particulièrement riche – les mouvements ressemblèrent à une gymnastique désarticulée – ce mélange de corps sur scène et de compositions de danseurs projetées comme « décor vivant », a rempli tout l’espace de la scène du grand théâtre et a laissé un belle impression au public.
« Organic Beat » offrit une atmosphère nonchalante et un peu légère et n’est, sûrement pas, l’œuvre la plus significative du répertoire de Ribeiro, qui, généralement, possède beaucoup plus de substance chorégraphique. Ce qui n’a guère empêché la soirée de plaire aux jeunes et moins jeunes spectateurs qui ont rempli la plus grande salle de la Croisette.
 

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Antonio Laginha

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